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Edito

Max AMPHOUX

L'éditeur Max AMPHOUX est décédé.

Max Amphoux fut non seulement un des plus grands éditeurs indépendants de la SACEM, mais aussi un de ses plus vibrants administrateurs, et d’une manière générale l’une de ses figures les plus engagées, colorées, assidues.

Avec un parcours d’éditeur, producteur, organisateur de spectacles, un cheminement au sein de la SACEM qui lui tenait autant à cœur qu’il la connaissait par cœur : Commission des variétés, Conseil d’administration, Aide à l’autoproduction, débats, démarches officielles, sans parler de sa récente nomination à la Présidence du FCM, Max était toujours là, fidèle au poste, avec son caractère légendaire, sa voix reconnaissable entre toutes, ses coups de cœur et, parfois, de gueule, à rendre jaloux certains chanteurs.

Dans le métier, il faisait partie de ces rares professionnels dont il suffisait de prononcer le prénom pour qu’on sache immédiatement à qui l’on avait affaire, et qui ne laissait jamais indifférent, libre penseur et franc-parleur, avec une gouaille qui ne mâchait pas ses mots !

Quand il parlait, on écoutait, et on apprenait son métier en même temps qu’on savourait le personnage, ses accents à la Audiard et ses mines à la Borgnine, ses mots d’auteur qui firent pâlir plus d’un parolier, tant il ne vous l’envoyait pas dire, pour la bonne cause !

Nul ne connaissait aussi bien que lui ce métier, qui le lui rendait bien. Il en avait fait le tour du propriétaire, depuis ses classes chez Philips, où il avait tout appris, à sa première société, la légendaire Allo Music, qui vit défiler les chansons de Sheila, Daniel Guichard, Mireille Mathieu, Demis Roussos, Gérard Lenorman, Renaud, Capdevielle, Bashung (" Gaby oh gaby", auquel il fut l’un des premiers à croire). Et bien sûr Marie-Paule Belle, dont il accompagna l’essentiel de la carrière, avec Françoise Mallet-Joris et Michel Grisolia : "La Parisienne", "Les petits patelins", "Quand nous serons amis", "La Louisiane", "Wolfgang et moi" et autres perles rares demeureront autant de pierres blanches de sa carrière et sa vie, ses chansons du bonheur et du succès, jamais plus belles que lorsqu’elles étaient mélancoliques : cf " La petite écriture grise", "Les petits dieux de la maison".

En 1976, associé au groupe anglais ATV, il avait ajouté à sa carrière hexagonale (Jean Guidoni, Armande Altaï, puis Daniel Lavoie, Jeanne-Marie Sens, Michel Delpech) une dimension internationale : Ten CC, Bonnie Tyler, Phil Collins etc.

La sous-édition des Beatles ! Avec Emma Production et Max Musique, il devint alors incontournable, toujours flanqué de son bichon Tatave lui-même aussi connu que le loup blanc dans la profession et dont il avait fait un sigle. A sa manière, Max était aussi populaire côté cour que ses artistes, et ceux-ci se multiplièrent encore dans les années 80 : Vivien Savage ("La p’tite lady"), Bibie ("Tout doucement", "J’veux pas l’savoir"), Sabine Paturel ("Les bêtises"), Guy Marchand, Vanessa Paradis, Enzo Enzo ("Juste quelqu’un de bien"), Clarika ("Les garçons dans les vestiaires"), La Grande Sophie ("Martin", "Du courage"), Derien, Lodjo, et bien d’autres.

On ne saurait oublier ici ses auteurs et compositeurs attitrés, armée des ombres et des ondes sans laquelle rien n’aurait été possible : Etienne Roda Gil, François Bréant, Brice Homs, Alain Manaranche, Jean-Jacques Nyssen, Elizabeth Anaïs, Kent, Michel Amsellem, Franck Langolff, et bien d’autres, auxquels il donna leur chance, parfois éphémère, toujours sincère. C’était ses années Amphoux-Malek*, - (clin d'oeil à notre ami Robert BRACALI) - encore une autre époque, tant notre homme eut de vies, c'est-à-dire d’artistes, et passa des nuits blanches à refaire le monde pour des poètes en herbe qui le découvraient.

Sous le masque de baroudeur qu’il s’était forgé, Max était aussi homme de culture et de goût, féru de peinture et de poésie, amoureux du cinéma, entretenant avec la vie des rapports passionnels et chaleureux. Un tendre déguisé en dur, justement parce qu’il était tendre et que ce métier est parfois inhumain, si l’on n’y prend garde. Un homme qui savait qu’en création comme en édition, l’aventure recommence chaque jour, et que c’est pour cela qu’on l’a choisie, qu’on la continue, et qu’elle court encore dans les rues, quand vous avez disparu.

Il restera longtemps présent, chez lui, à la SACEM, et continuera de nous accompagner, nous interpeller en secret, entre deux sections ou deux commissions, comme toujours, pour nous dire de continuer le combat. Son combat.


Source : Sacem
© DL Image

Note de la rédaction : Toute l'équipe de SHOW-MAG.NET exprime ses plus sincères condoléances à la famille de Max AMPHOUX. Max nous manquera.

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