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En ne respectant pas "la promesse de la marque", c’est-à-dire l’attente de son public, Corneille perd peu à peu son audience. Les ventes de son album anglophone s’élèvent à un peu moins de 20.000 exemplaires en France et semblent consacrer l’échec de la nouvelle direction du chanteur. Parce qu’il vient de loin, faut-il le dire: son premier album s’était vendu à plus d’un million d’exemplaires.
Quitter le concept "Afrique", était sans doute une mauvaise idée, et quitter la langue de Molière une plus mauvaise encore. Alors que Corneille pouvait s’imposer comme l’artiste de l’africanité – c’est-à-dire l’incarnation des valeurs de solidarité, d’anti-consumérisme, de sens de la famille et d’appel à la conscience occidentale – il brouille l’image en s’attaquant au marché anglo-saxon.
Signé chez Motown, il rejoint un catalogue prestigieux sans doute, mais n’ayant plus aucun rapport avec les attentes du public. Il n’est plus Youssou N’ Dour, il est Lionel Ritchie. Ce n’est plus le Rwanda, c’est New-York.
Son management aurait dû lui imposer de rester dans son positionnement: mais Corneille a également changé de management. Statistiquement, les artistes quittent l’équipe qui les a conduits au succès: il leur semble qu’on veut les "enfermer" dans une recette et les condamner à la répétition, ce qui est en effet maladroit.
Changer d’orientation ne l’est pas moins. Ce qui leur est demandé n’est pas la répétition de l’identité, mais sa confirmation, entreprise délicate joignant la fidélité à l’évolution.
Que pourrait faire Corneille pour se recentrer ? Réaffirmer au plus vite son identité.