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Par Emma PEEL
Dans la folie de sa tournée marathon, Christophe Maé, auréolé de sa Victoire, nous a ouvert sa loge … Et son cœur.
Si on prenait une photo de l’intérieur de votre crâne maintenant, juste avant d’entrer en scène, que verrait-on ?
Un petit mec tout excité !
Tous ces gens qui remplissent les salles depuis 2 ans, on s’y habitue ?
Ca me fait chaque fois halluciner. C’est si touchant une telle fidélité. On ne s’habitue pas. Hier, à Bruxelles, il y avait 10 000 personnes ; tu reçois tellement, t’es obligé de donner. Je suis si heureux de pouvoir vivre ce rêve éveillé ; c’est un truc de fou ce qui m’arrive ! Cela a mis dix ans, alors maintenant que c’est à, je prends tout l’amour qu’on me donne.
Pensez-vous tout devoir à votre public, où y a-t-il des limites ?
J’ai un public très présent mais très respectueux. Il n’y a jamais de démesure. Et je sais que je lui dois tout. Sans limite. Lors de la première tournée, on a enchaîné quatre vingt concerts. C’était important pour moi de faire des séances de dédicaces, après. Mes producteurs m’avaient dit : "Tu vas voir, tu vas en faire une dizaine et, ensuite, tu vas être crevé." Mais je l’ai fait tous les soirs. Et je vous jure qu’entre les photos, les gens qui vous attendent, c’était un deuxième concert. Pour moi, ça fait partie du "package".

N’avez-vous pas envie, certains soirs, de vous poser devant un match de foot avec un plateau-télé ?
Jamais ! A 17-18ans, quand j’ai dit à mes parents : "Je suis musicien, je veux partir sur la route", c’était pour mener la vraie vie de saltimbanque. Cela fait douze ans que je suis intermittent du spectacle. Pendant huit ans, j’ai fait entre deux cent et deux cent cinquante concerts par an. Aujourd’hui, la cerise sur la gâteau, c’est que je chante mes propres chansons …
Avez-vous un rituel avec vos musiciens, avant de monter sur scène ?
Non, pas vraiment. Ce sont réellement mes potes car je travaille avec eux depuis une dizaine d’années. Pas besoin de rituel pour se comprendre. On a le même feeling.
La vie n’a pas toujours été tendre avec vous. En quoi cette épreuve vous a-t-elle transformé ?
Ca m’a fait grandir, forcément. Se retrouver à 15 ans, allongé pendant une année, à dormir avec des attelles car j’avais les phalanges qui se déformaient, c’était pas terrible, mais y’a pire. Et puis, ça n’a duré qu’un an. Cette année-là m’a permis de créer énormément et de me prendre véritablement de passion pour la musique.
Le succès, c’est la compromission ?
Je n’ai pas réellement fait de concessions. Pourtant, je sortais du "Roi Soleil", qui était vraiment de la variété, ce que j’assume complètement. Mais pour mon album "Mon paradis", j’ai eu carte blanche : je voulais une image de moi assez "roots", naturelle. Pas de maquillage aux séances photos. Dans les clips, je ne voulais pas de bimbos, pas de grosses bagnoles, ni de bijoux de partout. J’ai eu la chance d’être très vite compris par Warner.
Vous sentez-vous privilégié d’avoir échappé à ces contraintes ?
En fait, j’ai surtout eu de la chance que tout cela ne me soit pas arrivé avant. Aujourd’hui, j’ai 32 ans et plus de maturité qu’à 20 ans. Quand je suis arrivé en studio, je savais exactement ce que je voulais et les musiciens avec lesquels je souhaitais travailler. Je pense que j’étais prêt !
Un mot sur les Victoires de la musique ?
C’est la cerise sur le gâteau ! Etre reconnu par le métier, c’est magnifique ! Les Victoires, je les regardais à la télé, donc, d’y être aujourd’hui, pour moi, c’est un rêve de plus qui se réalise.
Emma PEEL
S.M.N. 28 Mars 2008
Source : I.Dhombres
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